Une nouvelle forme d’horizontalité démocratique

Les débats de la CNDP à la Villette des 16 et 17 juin ont montré une nouvelle fois la difficulté d’associer le citoyen à la décision publique. Bien que l’intention soit bonne, le cheminement intégrant le citoyen aux débats publics est loin d’être inné en France, pays jacobin, ou l’on préfère l’entre-soi de la décision et le « savoir savant » au « savoir divulgué ». Or le citoyen demande de plus en plus à être associé aux débats de société, qu’ils soient scientifiques, moraux ou éthiques.

> Une nouvelle forme de rapport au savoir et au pouvoir

L’implication du citoyen à la décision publique pose un certain nombre de questions et implique une nouvelle forme de rapport au savoir et au pouvoir. Le premier n’est plus l’exclusivité du sachant et le second le sommet d’une pyramide. Une nouvelle forme de démocratie s’ouvre à nous avec un modèle de durabilité qui passe par un changement radical de notre perception du monde, basé sur un système de valeurs binaires codifiant le pour et le contre, le bien et le mal, selon des principes et des lois fondamentales inventées pour codifier cette binarité.

> La fin d’un monde binaire

Le XXIème siècle devra se consacrer à la recherche d’un nouveau modèle de société intégrant des notions plus complexes à codifier comme la recherche de sens, de valeurs et d’empathie, qui nécessitent une nouvelle forme de langage et une  culture du débat permettant de mettre en lumière les incertitudes et proposer des alternatives acceptables. Il faut apprendre à composer avec la littérature grise, l’expertise d’usage et intégrer la concertation et la coopération comme des facteurs clés de réussite d’un projet.

> L’émergence d’individus conscientisés

La seule ressource stable de ce nouveau modèle de société sera l’émergence d’individus conscientisés avec un grand degré d’autonomie, de création et de liberté. Ces individus seront proches du Zadig de Voltaire en voulant rester maître de leur destinée, quelles que soient les circonstances politiques, économiques et sociales avec, en plus, un devoir de capitalisation et de transmission de leurs acquis pour le 21e siècle, d’où le concept de « Zadig21 ».

> Des projets dialectiques aux projets de territoire

Cette nouvelle vision du monde signe la fin des projets dialectiques faisant uniquement appel à un positionnement politique, scientifique ou idéologique. Dorénavant, tout projet devra s’inscrire dans une logique de Territoires, de temporalité et faire preuve de son utilité et intégration à court, moyen et long terme. Il faut apprendre à repartir de l’attente du citoyen plus que de l’application d’une procédure. A défaut d’une science, c’est un nouveau métier qui s’ouvre à nous : celui de « l’ingénierie sociétale ».

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